Apprendre l'hypnose ensemble pas à pas

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Petite histoire de l’hypnose

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Apparu en 1814 dans le dictionnaire de l’Académie Française, le terme « hypnotique » fuit suivi en 1820 par le terme « hypnose ». L’invention du terme étant attribuée à un médecin écossais, un certain James Braid.

En dehors de ces aspects étymologiques, difficile d’en savoir plus sur les origines de la technique à proprement parler.

Sorcellerie, exorcisme, transes diverses et variées, les hommes semblent avoir de tout temps recherchés des états de conscience différents et des expériences nouvelles, que ce soit pour rentrer en communion avec leurs divinités, la nature, des concepts ou leur propre conscience. Les éléments les plus courants étant les transes (par la danse, le jeûne, les chants…) et la prise de produits hallucinogènes, les deux étant souvent associés dans un certain nombre de culture.

Les indiens d’Amériques étaient par exemple coutumiers du fait, en témoignent les danse du soleil (les jeunes devaient s’accrocher à des crocs autour d’un poteau, puis chanter pendant des heures sous le soleil le ventre vide pour symboliser le passage à l’âge adulte), ou encore les jeûnes prolongés qu’ils s’imposaient jusqu’à trouver leur animal totem dans un état second dû à l’extrême épuisement.

Ci-dessus, une image tirée de l’excellente bande dessinée en trois tomes « Celui qui est né deux fois » de Derib, retraçant le parcours initiatique bouleversant d’un jeune indien d’Amérique et que je vous recommande chaudement (tome 1 : Pluie d’orage, tome 2 : La Danse du soleilet tome 3 : L’Arbre de vie).

Le premier à vraiment s’intéresser aux phénomènes des suggestions et des influences à les théoriser est l’Allemand Franz-Anton Mesmer (photo ci-contre), fondateur de la théorie du magnétisme animal (pouvoir guérir par l’énergie se dégageant de ses mains) et du « mesmerisme« , terme quelque fois utilisé pour parler d’hypnose. Toutefois le mesmérisme n’est pas vraiment l’hypnose, mais plutôt la théorie sur le magnétisme et les magnétiseurs (dont on entend encore quelque fois parler aujourd’hui). Relativement controversé, Mesmer a le mérite d’intéresser la société de l’époque aux possibilité du corps et de l’esprit (voir à ce sujet le post « Mesmer et le magnétisme« ). En gros, il ouvre la voie.

Les années 1800 marquent vraiment l’essor de l’hypnose, sous un nombre incalculable de formes différentes, parfois loufoques. Malgré son utilisation sous une forme récréative dans des spectacles ou des démonstrations publiques, qui font que son utilisation thérapeutique est source de controverse, tout le monde y va de sa petite théorie. La thérapeutique, elle-même, connaît des bouleversements à l’époque, entre la version « scientifique », la traditionnelle, la thérapeutique spirituelle, etc.

Les études et les expériences sont donc nombreuses. Le fameux James Braid (évoqué ci-dessus) s’y intéresse par exemple suite à une démonstration du magnétiseur franco-suisse Charles Lafontaine à Manchester le 13 novembre 1841 (c’est précis, merci Wikipédia 😉 !).

S’ensuivra sa théorie du magnétisme animal et un certain nombre de publication. Braid se détache des magnétiseurs classiques (dits « imaginationistes », comme Étienne Félix d’Henin de Cuvillers) par une technique d’induction visuelle réclamant au sujet de fixer son attention sur un objet brillant et non plus sur les mains du magnétiseur, afin de plonger le sujet dans « un état de sommeil nerveux ». James Braid utilise d’ailleurs sa méthode pour anesthésier des patients lors d’opérations de chirurgie, à l’époque où l’anesthésie se cherchait encore (l’éther arriva en France en 1847).

Braid élabora également quelques théories supplémentaires qui lui furent reprochées, comme le « phréno-hypnotisme », qui consiste à induire des actions ou des sentiments au sujet hypnotisé par la forte pression sur des zones ou protubérance de son crâne.

Comme on le voit, l’époque est à la découverte et l’ensemble de la société s’y intéresse, les possibilités de l’esprit semblant infinies.

Wikipédia (voir la source) nous rappelle que deux courants s’opposent chez les praticiens de la transe :

  • le magnétisme animal (l’extériorisation du Moi sur un sujet)
  • l’hypnose (l’intériorisation et l’accès aux automatismes inconscients d’un sujet)

Le sujet ne semble d’ailleurs pas encore être vraiment tranché, même si l’hypnose est devenue plus célèbre et populaire que le magnétisme animal.

Séance d’hypnose peinte par Richard Bergh en 1887.

Jean-Martin Charcot (dès 1878), puis Sigmund Freud (qui est son élève) popularisent ensuite l’hypnose auprès des scientifiques. Charcot s’y intéresse pour le traitement de l’hystérie et les maladies du système nerveux.

Sigmund Freud s’en éloignera progressivement pour d’autres techniques, concluant que l’hypnose n’a que peu d’impact dans le traitement des cas pathologiques.

Même si les techniques d’hypnoses thérapeutiques ont depuis lors bien évolué, Charcot et Freud ont vraiment fait rentrer l’hypnose dans l’âge moderne en crédibilisant la technique (lire à ce sujet le post « Charcot, Freud et l’hypnose« ).

Différentes formes d’hypnose et d’approche sont aujourd’hui pratiquées, mais ça, cela sera le sujet d’un autre post 🙂 !

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