Apprendre l'hypnose ensemble pas à pas

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Les 4 formes de l’hypnose

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L’état hypnotique peux revêtir 3 aspects :

  • Léger : rêverie, transe hypnotique légère, état hypnagogique (phase entre la veille et le sommeil durant la première phase d’endormissement).
  • Hypnopompique : phase de réveil partiel qui succède au sommeil
  • Profond

Pour obtenir ces états hypnotiques, 4 formes d’hypnoses peuvent être recensées, correspondant à 4 techniques :

1. L’auto-hypnose

Comme son nom l’indique, l’auto-hypnose a pour objectif de s’induire soi-même dans un état hypnotique, permettant de se détendre, de travailler sur son esprit (par exemple sur sa timidité) ou sur son corps (arrêter de fumer). L’auto-hypnose ne veut pas forcément dire un endormissement profond. L’auto-hypnose est un état de détente que certains pratiquent peut être déjà sans le savoir, par exemple avec de la méditation, ou une activité qui détend profondément et permet de « se vider le cerveau » (par exemple le footing ?).

L’état hypnotique atteint permet de se débarrasser de certaines pensées parasites pour s’approcher plus près de ses émotions. Il est possible ensuite de stimuler son esprit, avec par exemple des pensées positives ou réconfortantes. Les personnes qui ont des phobies peuvent par exemple s’entraîner à visualiser des images positives qui les aideront à ne pas paniquer dans les situations de crise.

À l’inverse, il est aussi possible de s’induire des pensées négatives !

Wikipédia (décidément bien précis sur le sujet de l’hypnose :)) nous informe que lors d’un état hypnotique autoinduit :

« La résistance à la suggestion s’y affaiblit et certains auteurs comparent cet état, qui est en fait celui de la transe hypnotique, à une psychose transitoire. Il est, en effet, possible de se convaincre de la réalité de fantasmes, de l’extraordinaire justesse d’une intuition ou de l’interprétation d’une expérience réelle, comme dans les cas de paranoïa.
Ces états sont propres aux hallucinations -comme l’hypnose professionnellement dirigée, qui persuade les gens de la réalité de visions, d’odeurs ou de bruits, sinon de souvenirs fabriqués (souvenirs d’enfance). Les transes peuvent être légères, moyennes ou profondes, en proportion inverse de la résistance intellectuelle et de l’intensité de l’émotion inconsciente. » Voir la source

En résumé, l’auto-hypnose consiste à se convaincre soi-même : la méthode Coué.

2. L’hypnose traditionnelle ou directive

C’est l’hypnose la plus connue, l’hypnose « historique », qui va droit au but et consiste à induire l’état hypnotique de manière autoritaire (Maintenant, dormez !). L’hypnotiseur va ensuite diriger le sujet et la séance. C’est également l’hypnose la plus spectaculaire (l’hypnose des spectacles), même si cette hypnose peut être utilisées en thérapie.

Ce n’est par contre peut être pas la plus efficace pour les thérapies. En effet, elle a comme avantage d’obtenir des changements immédiats, mais de courtes durée et ne va pas forcément au fond des choses. Il s’agit en effet de suggestion directe et c’est l’hypnotiseur qui va diriger :
Si le sujet a un problème et que l’hypnotiseur le dirige en lui disant de ne plus montrer ce problème, la cause réelle du problème ne sera jamais traitée, uniquement sa manifestation. Cela peut même s’avérer catastrophique, si l’on considère que la cause devra trouver un autre moyen pour se manifester (ce que certains appellent un déplacement de symptômes).

3. L’hypnose ericksonienne

L’hypnose ericksonienne (fondée dans les années 1950 par Milton Erickson) est une hypnose de thérapie et n’est pas spectaculaire du tout. Elle a pour objectif de ne pas s’intéresser aux symptômes ou à une maladie, mais à la personne.

Erickson laissait au sujet une forme d’autonomie « illusoire » lors de son hypnose, pour que le sujet se sente actif lors de la séance, au contraire de l’hypnose traditionnelle.

C’est une hypnose très douce (très liée à la psychanalyse) basée sur le relationnel et la chaleur humaine. Aucune induction dirigiste, mais beaucoup de paroles, par de la suggestion indirecte et des métaphores. Les techniques, très discrètes, consistent assez en de la suggestion et de la mise en confiance verbale. La programmation neuro-linguistique (ou PNL), les thérapies familiales, en sont d’ailleurs des dérivés.

Un patient peut ainsi ne pas se rendre compte qu’il a été hypnotisé lors d’une séance de discussion menée par son thérapeute. Le travail se faisant sur les causes, les résultats sont par contre beaucoup plus durables que pour l’hypnose traditionnelle.

Edit : Vous pouvez également lire sur ce sujet le post sur Milton Erickson.

4. L’hypnose européenne

Très récente, l’hypnose européenne est un dérivé de l’hypnose traditionnelle. Elle a pour but de se concentrer sur les symptômes, tout en utilisant les techniques directives classiques. Datant des années 1990 et développée surtout depuis les années 2000, c’est un peu la synthèse entre les deux formes d’hypnose précédentes : l’hypnose traditionnelle pour l’efficacité de l’accès à l’inconscient, l’hypnose ericksonienne pour l’efficacité de traitement des problèmes de fond. En gros utiliser les forces de chacune, sans les lacunes.

Créée par Jean-Luc Tourenne, elle a permis de réhabiliter l’hypnothérapie à proprement parlé, l’hypnose ericksonienne ayant perdu peu à peu son aura.

 

D’autres formes peuvent être recensées sur Internet, comme l’hypnose humaniste, la nouvelle hypnose, l’hypnose érotique ou encore l’hypnose lancasterienne (et j’en oublie certainement), mais ces intitulés correspondent plutôt à des champs d’applications des techniques de l’hypnose (ou carrément à des marques déposées de formateurs en hypnose), plutôt qu’à des techniques nouvelles, c’est la raison pour laquelle je ne les inclus pas dans les 4 formes d’hypnose.

Ces informations ne représentent que mon point de vue et peut être ne serez-vous pas d’accord avec cet article ?
N’hésitez donc pas à laisser vos commentaires pour le compléter, d’autant que j’ai peut être oublié des formes d’hypnose, même si j’ai essayé d’être le plus précis possible (tout en restant synthétique ;)) !

7 Commentaires

  1. Petit détail sur l’hypnose Ericksonienne : elle n’a aucun lien avec la psychanalyse et rare sont les psychanalystes qui osent aller contre le dictat de Freud contre l’hypnose. J’ai entendu parler d’hypno-analyse, mais je n’en ai jamais rencontré.a

  2. Je pense que tu n’as pas compris de quoi je parlais en disant que nous ne sommes pas totalement en conscience lorsque nous vivons notre journée. Je ne parlais absolmument pas du système nerveux autonome responsable des fonctions automatiques du corps mais de notre capacité à maîtriser nos pensées. Qui arrive à ne pas avoir de pensées pendant 10 minutes (j’entends par là avoir un calme, un vide total) ? Si on arrive à 1% de la population je pense que je suis déjà optimiste….et il faut aller les chercher chez les moines et grands mâitres des arts martiaux.
    Et finalement, n’est-ce pas le but de l’hypnose ou plutôt des états modifiés d’attention (terme beaucoup plus juste) de nous amener à mieux nous maîtriser et apprendre à connaître d’autres façons d’utiliser notre cerveau?
    a méditer….

    • C’est vrai que tout le monde n’est pas capable de lâcher prise et de méditer profondément pour se détendre, parce que l’on a pas la méthode ou pas la patience (moi le premier ;)). Du coup l’hypnose et l’auto-hypnose peuvent en effet répondre à ça et permettre d’apprendre à mieux connaître certains fonctionnements du cerveau. En tout cas comme pour toi, mieux connaître ces mécanismes est ce qui m’intéresse dans l’apprentissage de l’hypnose.
      Après il faut quand même ne pas oublier que tout le monde n’a pas forcément envie d’être plongé dans des états de conscience modifiés provoqués par la méditation ou l’auto-hypnose. Cela peut sembler être une perte de contrôle, malgré le fait que cela peut être très bénéfique dans le cadre de l’hypnose thérapeutique.
      En tout cas moi, quand je regarde la télé, j’arrive souvent à ne penser à rien et à poser mon cerveau sur la table base ! 😛

    • moi j’arrive pendant 10 minutes même + sans hypnose

  3. Bonjour,
    Je suis en train de lire ton blog et je ne peux m’empêcher de réagir: tout d’abord de quoi parles-tu quand tu parles d’auto-hypnose ? Tu parles d’un changement de fréquence cérébrale : l’être humain peut faire varier sa fréquence cérébrale selon ce qu’il vit ou consciemment. Il peut passer d’un état de stress avec une fréquence rapide entre 14-30Hertz à un état que l’on appelle alpha qui oscille entre 14-7Hertz. Le cerveau peut passer à une vitesse moindre encore avec l’état théta (7-3 Hertz) qui est l’équivalent du cerveau lors du sommeil et Delta (3-0.5 Hertz car à 0 tu es mort…) qui équivaut à un coma ou au sommeil très profond.
    Chaque être humain vit ces différentes phases lors d’une nuit de sommeil en passant de l’état d’éveil à l’endormissement puis au sommeil léger et ensuite au sommeil profond.
    Mais l’être humain peut vivre ces changements de fréquence cérébrale de façon consciente et éveillée par le biais d’exercices qui l’amènent progressivement dans ces différentes fréquences.
    C’est là où Erickson avait compris beaucoup de choses puisqu’il aidait la personne à changer de fréquence pour accéder aux mémoires internes du cerveau de façon plus directe afin de lever des blocages divers comme des peurs, des phobies, un mal-être. En changeant de fréquence cérébrale, l’être humain reste tout à fait maître de lui et conscient de tout ce qui se passe autour de lui. Il a seulement accès à d’autres réalités et peut apprendre à mieux se connaître. Nous pouvons ainsi apprendre à utiliser notre cerveau de façon différente et ne pas être toujours submergé par ce flot de pensées incessantes que nous ne maîtrisons pas…
    Et puis, ne vivons-nous pas dans un gigantesque rêve éveillé? Que fait l’être humain lorsqu’il répète tous les jours le même rituel au lever, au boulot, à midi et le soir? N’est-ce pas ça être en état d’hypnose? Sommes-nous maîtres de nous quand nous roulons en réfléchissant à toutes nos contraintes de la journée sans même remarquer si le paysage a changé… Profitons-nous réellement des gens que nous aimons, de ce que la vie nous offre chaque jour?
    Tout cela me laisse songeuse…
    Alors, il est peut-être temps de voir l’hypnose ou plutôt les états modifiés de fréquence cérébrale différemment et de se réveiller!

    • Merci beaucoup Camille pour tes précisions techniques ! 🙂
      J’avais effectivement vu sur certains sites la liste des différentes fréquences, mais je ne les avais pas reprises dans l’article ci-dessus par peur de trop charger.
      Comme tu le rappelles à juste titre, l’auto-hypnose est un état de détente que certains pratiquent déjà sans le savoir, parfois même lors d’activités banales et anodines !
      Ce qui peut nous amener effectivement à réfléchir sur les activités que l’on peut réaliser chaque jour : Sont-elles automatiques, ou non ?

      Après, d’un point de vue personnel, je pense que notre cerveau a besoin de moments où l’on est en « pilotage automatique » : cela permet de libérer de l’énergie pour la réalisation (par notre cerveau) d’autres activités. Par exemple, l’apprentissage de la marche nécessite toute l’attention et la concentration du cerveau des enfants, heureusement que cela devient plus tard une activité automatique, sinon nous n’aurions plus d’attention disponible pour la réalisation d’autres tâches. Impossible en effet d’être tout le temps à 100%, pour toutes les actions que l’ont fait et à chaque instant !
      Nous dérivons un peu du sujet initial, mais les comportements « automatiques » quotidiens me semblent excellents et signes d’intelligence et de potentiels développements futurs. Je pense que c’est la preuve que nous sommes maîtres de nous (contrairement à ce que tu sous-entends) : chacun peut grâce au fonctionnement incroyable de son cerveau, intégrer des éléments, les trier et se libérer d’un sacré paquet de contraintes. En bref pour moi, l’automatisme c’est la liberté de faire d’autres choses ! Je ne vois donc pas cela d’un œil négatif.
      La nature est bien faite, les rêves, les actions automatiques, les états différents de conscience sont les soupapes de notre cerveau et nous permettent de ne pas péter un plomb pour cause de surchauffe. Donc Carpe Diem, faisons confiance à la nature, elle nous aide bien sur ce coup là ! 😉

      Après, peut-être est-ce surtout la définition de Wikipédia et les termes utilisés (très médicaux) qui t’ont fait réagir ?

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