Hypnosédation aux Hôpitaux Universitaires de Genève

Découvrez dans le podcast de l’émission de radio CQFD de Stéphane Gabioud (dont la photo est en vignette) Edith Brandao-Farinelli, médecin anesthésiste qui pratique l’hypnosédation aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et Patrick Vuilleumier, directeur du centre interfacultaire de neurosciences de l’Université de Genève, auteur avec son équipe d’une récente étude sur le cerveau en état d’hypnose (et qui regrette au passage que l’hypnose véhicule toujours parmi ses collègues scientifiques une image farfelue).

Les intervenants insistent ainsi sur la notion d’activité du patient lors de l’hypnose, au contraire des idées reçues qui présentent les états modifiés de conscience comme un endormissement, une déconnexion totale et une grande passivité. Le patient est sous hypnose au cœur de son soin, il suit le fil de l’intervention, ce qui atténue l’impact ou le traumatisme éventuel qu’une intervention peut entraîner, sans oublier les bénéfices santé, puisque les doses de produits anesthésiants sont fortement diminuées, minimisant l’impact chimique, pour des temps de rétablissements fortement diminués.

La pratique de l’hypnose pour une anesthésie partielle ou totale, amène les praticiens à revoir entièrement leur manière d’aborder le contact avec le patient, même au-delà de l’hypnosédation. En effet, pratiquer l’hypnose sensibilise les professionnels de santé au fort besoin d’échanges et d’informations du patient, même en dehors du bloc opératoire. L’hypnose est décidément très bénéfique au sein des hôpitaux.

En direct vous entendrez également, Alain Forster, médecin anesthésiste et pionnier de l’hypnose médicale aux HUG, puisque la pratique de l’hypnosédation en Suisse Romande remontrait aux années 1950 !
Alain Forster explique ainsi l’influence des guerres sur la pratique de l’hypnose, puisque les différents conflits mondiaux ont soit entrainés des insuffisances de produits anesthésiants, amenant les médecins de guerre à utiliser l’hypnosédation sur le terrain des conflits, soit entraînés des troubles psychologiques post-traumatiques apportant par exemple l’invention de l’hypnose ericksonienne par Milton Erickson suite à la guerre du Vietnam.

D’un point de vue scientifique, les progrès en imagerie médicale ont permis de visualiser de manière concrète les activités du cerveau des sujets sous hypnose, démontrant que les états modifiés de conscience n’étaient pas identiques au sommeil ou aux états de veille. L’hypnose n’est donc pas une simple sieste, ou n’est pas simulée par les sujets. L’hypnose est un état différent, unique, bref, un sujet passionnant 😉 !

L’émission, très complète et donc très intéressante, dure 27 minutes. CQFD est l’émission sciences et santé de la Radio Suisse Romande La 1ère (voir la page de l’émission).

 

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